Feu d’automne

Mercantour, Vallée de la Tinée

« Du feu de l’automne émane la mélancolie du temps.
Un cycle de plus part en fumée. »

Sorbes d’automne

En cette fin d’automne, j’ai choisi de me tourner vers un arbre intriguant : le sorbier des oiseaux.
Ses baies servent de nourriture à bon nombre de passereaux et notamment aux grives, d’où son nom.

Blotti contre une falaise escarpée au dessus du torrent, j’ai passé quelques jours à saisir les échanges avec cet arbre.

Loin des temps obscurs, un peu de douceur mêlant naturalisme et atmosphère.

L’appel des cerfs

Sur les épaules, la vingtaine de kilos se ressent. Seul, ma volonté n’est pas infaillible, elle se veut encore hésitante… mais il faut avancer, focalisé sur l’objectif.

Toujours dans l’optique de la réalisation du film Introspection, j’emmène du matériel de captation audio et vidéo afin de saisir l’intensité du brame, qui a normalement débuté.

Plus de 1000 mètres de dénivelé pour finalement atteindre le silence dans une lumière rasante.
L’endroit choisi sera mon pied-à-terre pendant ces quatre jours de suivi des cerfs.

Analyser l’espace et les mœurs de la faune pour être en mesure de composer des visuels esthétiques.
C’est maintenant ma préoccupation.

Tandis que les dernières lueurs disparaissent, la vieille forêt gronde toujours.
La nuit noire est presque là.
Le temps pour les majestueuses créatures de quitter le bois et de rejoindre leur place de brame.

Les températures redescendent, les sommets marquent leur impatience.
Cette impatience de retrouver le froid hivernal.

Le cheminement de la rivière

Trois nouvelles journées d’immersion, à suivre le brame.
Les cerfs, qui cette fois ci s’effaceront dans le lointain.

Remonter la rivière et saisir les premières teintes automnales.
Aller au plus profond des émotions en traversant les vieilles forêts.
Là où seules les chouettes se font encore entendre avant le noir obscur.

Rougeur hivernale

Alors que l’intensité des couleurs ravive le fond de l’être, le blanc recouvre progressivement le lieu en souvenir d’une saison qui passe.

La nature est là, silencieuse

L’essence de la nature enclenche le spontané et efface le paraître.
Dans cette pureté, on se décolle de la pellicule si fine qu’est la réalité humanisée.

En véhiculant les flux d’énergies, la matière contribue grandement à tisser les dimensions du réel. Ressentir ces échanges organiques et minéraux, en faire partie, c’est rattacher l’être à son ultime vérité.

Cette vraie nature me parle de plus en plus.
Le ressenti d’un univers qui s’exprime avec une parfaite cohérence.