Un nouveau souffle

Népal, Himalaya, Manaslu

Premier élan vers ces montagnes infinies qui me semblent déjà familières. Leurs sommets s’élancent bien au-delà des nuages et me font ressentir le grain de sable que je suis face à tant de grandeur.

Malgré les pluies et le brouillard qui s’imposent, les arbres morts gardent leurs positions dans la végétation. La pensée divague alors et on en vient à oublier l’ascension vers les sommets, sept jours de marche dans la jungle népalaise.

— L’émerveillement de partager un repas dans la simplicité

La chaleur : ce que nous avons perdu à s’enfermer dans les villes modernes.

Comari, comme beaucoup de villageois(es) que je rencontrerai, cultive toute sorte de légumes et confectionne ses repas.
Seul le riz est importé via porteurs ou mulets, car il n’y a pas ici d’engin motorisé.
La viande est un mets rare. Lorsqu’elle est utilisée en cuisine, elle est généralement produite localement.
Le Dal Bhat est à la base de l’alimentation népalaise. Il est composé de riz, pommes de terre, légumes-feuilles et bouillon de lentilles.

Les inscriptions sur cette maison peuvent, au premier abord, sembler pittoresques. Mais ces croix blanches sont des svastikas, en Asie elles sont symbole de prospérité. S’ouvrir au voyage c’est aussi s’ouvrir aux différentes façons de voir le monde.

Sept jours se sont écoulés. L’épais brouillard qui hantait les chemins s’ouvre enfin sur les lumières du cœur himalayen.

Samdo 3690m. Dix jours.
Je commence à saisir l’essence de ce que je suis venu chercher.
Mes maux de ventre me suivent depuis trois jours malgré le riz blanc. Mais c’est maintenant que tout se joue, les lumières sont là.

— La pureté des lumières
Journée d’exploration dans les vallées alentour.

Les vieux glaciers grondent, ils cassent par moment avec fracas. Les éléments sont dantesques, je suis loin de mes montagnes natales.

Les vols majestueux des grands vautours sont la réponse à tant d’effort.

— Vautour fauve de l’Himalaya
À l’inverse de l’occident, sur ces terres on ne craint pas la mort.
La vie et la mort sont une danse dont seuls les vautours en connaissent le rythme.

Les bharals sont là. Les léopards des neiges le sont sûrement aussi. Aucun indice de leur présence durant ce premier voyage, ce n’est pas faute de les avoir rêvés.

« Croiser le gypaète de ces montagnes, c’est contempler une lame d’acier qui fend l’air avec une aisance déconcertante. »

Il est 4 heures du matin, le jour va se lever et il faut franchir le Larkya La pass situé à 5160m. La luminosité est faible mais le paysage qui se dévoile progressivement stimule la volonté.

Au Larkya La pass, ce n’est pas le col en lui même, jonché de drapeaux de prières, qui me reste en mémoire. Mais plutôt la vue de ces sommets recouverts par les neiges qui sortent timidement des nuages.

— Grandeur himalayenne, toutes les lumières sont agréables

Fidèles à leur habitude, les corbeaux sont malins. Ils suivent les hommes qui arpentent les montagnes dans l’espoir d’un maigre repas.

Les porteurs que je croise en chemin m’imposent le respect. 38kg pour le plus chargé. J’assume avec audace le poids des affaires que j’ai choisi d’emporter.

— Ithagine ensanglantée
Ce faisan himalayen vit dans des forêts de bouleaux à plus de 3000 mètres.

Les rhododendrons bordent le sentier du retour.
Ce voyage m’a imprégné d’un nouveau souffle.

Suite du projet : Ladakh, sur les traces du léopard des neiges